Qui je suis
Moi, c’est Mathias. Je suis l’artisan derrière l’atelier Lamamics, un atelier qui conçoit et fabrique à la main des puzzles d’art en bois et des casse-têtes en bois, à Vigneux-de-Bretagne (Loire-Atlantique), à vingt minutes de Nantes.
L’atelier est né en 2023. C’est la suite d’un parcours plutôt atypique — et c’est probablement ce parcours qui fait que ce projet existe aujourd’hui, sous cette forme-là.
Vingt ans à créer des jeux pour les casinos
Avant l’atelier, pendant vingt ans, j’ai conçu des jeux. Mais pas n’importe lesquels : des jeux d’argent pour les casinos et des jeux de paris sportifs, pour des marchés internationaux.
J’ai fondé une société, recruté 35 salariés répartis dans 5 pays, travaillé au quotidien avec des équipes en Europe de l’Est et en Chine. Passionnant, ultra-formateur : on y croise des cultures, des manières de penser, des règles du jeu (au sens propre comme au figuré) très différentes. Un monde qui tourne 24/7, où les produits numériques voyagent à la vitesse de la lumière.
Techniquement, rien à redire. Mais quelque chose a commencé à craquer.
Le virage — trois déclencheurs
Il n’y a jamais eu un déclencheur. Trois, plutôt, qui se sont empilés lentement.
1. La question du sens logistique
Pourquoi achète-t-on des objets fabriqués à l’autre bout du monde, alors qu’on sait parfaitement les faire ici ? Certains produits et aliments font trois fois le tour de la planète avant d’atterrir dans nos mains — pollution absurde, dépendance totale, savoir-faire qui disparaît sous nos yeux. À chaque voyage professionnel, ça devenait plus difficile de ne pas voir.
2. Le tour du domaine
Après vingt ans dans le jeu d’argent, j’avais tourné autour du sujet. Plus grand-chose à y inventer pour moi. Envie de repartir sur quelque chose de concret, de palpable, qu’on tient dans la main — mais en restant dans le jeu, parce que c’est le métier que je connais le mieux.
3. Le besoin d’alignement
J’ai grandi à la campagne. J’aime les animaux, j’ai une fascination pour le monde marin. J’ai beaucoup voyagé, rencontré des cultures qui vivent autrement — et parfois des gens profondément alignés entre leurs idées et leurs actions, quitte à tourner le dos au confort du monde moderne capitaliste.
À l’inverse, j’ai vu trop de dissonances : des gens qui disent aimer les animaux et qui les mangent, qui disent aimer la nature et qui consomment comme si elle n’existait pas. À un moment, ça n’est plus passé.
Je voulais créer une aventure qui me ressemble vraiment. Et me poser la vraie question : qu’est-ce qui restera de moi quand je serai parti ? Quel message j’aurai transmis sur ma façon de vivre ?
L’atelier Lamamics, à Vigneux-de-Bretagne
L’atelier Lamamics est à Vigneux-de-Bretagne, à vingt minutes de Nantes. J’y travaille seul, et c’est un choix assumé — mais je ne suis pas isolé pour autant. Je m’entoure d’associations de créateurs, de conseillers, de fournisseurs avec qui je construis dans la durée.
Il n’y a pas de journée type, et c’est une des choses que j’aime le plus dans ce métier. Certains jours, c’est marché : j’installe le stand, je rencontre les gens, j’explique le projet pendant dix heures. D’autres, je dessine, je prototype, je teste des idées que j’ai eues sous la douche. D’autres encore, c’est de la production à la chaîne, de l’emballage, de l’expédition. Et puis il y a les journées « bureau » : marketing, communication, comptabilité — le métier d’entrepreneur n’a pas disparu, il s’est juste rapproché du bois.
L’outil qui me définit ? La scie à chantourner. C’est la pièce maîtresse de l’atelier, celle qui permet de découper finement le bois pour fabriquer les puzzles d’art en bois, pièce par pièce, biscornue par biscornue.
La question qui guide tout le projet
Une seule question traverse l’atelier Lamamics, et c’est sa raison d’être :
Est-il réellement possible, aujourd’hui, dans ce monde moderne, d’imaginer, fabriquer, emballer, stocker, vendre, expédier des produits ludiques entièrement en France — ou au moins en Europe ?
Ou est-ce que la société s’est organisée pour que ce soit devenu impossible ?
Lamamics, c’est ma façon de répondre oui à cette question. Concrètement :
- Les illustrations sont créées par un humain, pas par une machine ;
- Les puzzles en bois sont chantournés à la main, un par un, à l’atelier ;
- Les casse-têtes en bois sont découpés au laser, à l’atelier également ;
- Le bois est européen : peuplier d’Anjou pour la proximité géographique directe, peuplier des Carpates pour la qualité de découpe inégalable. Jamais de bois exotique, jamais de fabrication en Chine ;
- Emballage, stockage, expédition : tout passe par l’atelier ou des prestataires français.
C’est plus long. C’est plus cher. C’est moins « scalable ». Mais c’est la preuve que c’est possible — et c’est ce qui me fait lever le matin.
Puzzles et podcasts : jouer, apprendre, protéger le vivant
À côté des puzzles, je produis aussi deux podcasts : Plaisir(s) et Intelligences Sauvages. Ce n’est pas un projet parallèle. C’est la même démarche.
L’idée est simple : tu assembles un puzzle d’art en bois avec, par exemple, une illustration sur les renards. Ça prend plusieurs heures. Pendant ce temps, tu écoutes un épisode d’Intelligences Sauvages où je rencontre un·e expert·e des renards. Tu joues. Tu apprends. Tu découvres un pan du vivant que tu ne soupçonnais peut-être pas.
Et demain, peut-être, tu protèges, tu défends, tu réconcilies — parce qu’on ne protège bien que ce qu’on connaît et qu’on aime. La génération suivante fera encore mieux.
C’est ça, le fond du projet Lamamics : réconcilier humains, animaux et végétaux à travers des objets qu’on fabrique à la main, ici, et qu’on transmet.
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